jeudi 23 février 2017

Diourbel-Déthié Faye: «Il y’a une volonté manifeste du pouvoir de rendre inéligibles des adversaires que l’on craint»








Par Lauris GOMIS (Actu24, DIOURBEL)    
Déthié Faye, président de la convergence pour la démocratie et la république Cdr/Fonk sa Kadu, qui s’exprimait ce mardi 21 février 2017, à Diourbel, sur les cas Bamba Sall, Barthélémy Diaz et Khalifa Sall, a affirmé que le pouvoir a une volonté manifeste de rendre inéligibles des adversaires craints susceptibles de créer une autre alternance.
Le président de la convergence pour la démocratie et la république qui s’exprimait ce mardi, à Diourbel, sur les cas Bamba Sall ,Barthélémy Diaz et Khalifa Sall, a dit son regret et sa déception parce que, était-il certain, que le progrès de la démocratie ,ici, au Sénégal aurait permis d’éviter que la politique soit basée sur une chasse effrénée contre des adversaires que l’on craint. C’est vu ce qui se passe au Sénégal depuis plusieurs années, a-t-il soutenu, parce que, dit-il, c’est antérieur à l’affaire Bamba Fall. Quand Karim Wade a été mis en prison et traduit devant la Crei, cour d’exception, a-t-il rappelé, tous les démocratiques de ce pays l’ont condamné, parce que, affirme-t-il, contraire au respect des droits des citoyens. Quand il a été traduit, a-t-il fait savoir, face aux positions exprimées par la cour de la CDEAO qui indiquait l’illégalité de son emprisonnement et qui demandait à ce qu’il soit libéré, le gouvernement, a-t-il souligné, avait précisé que compte tenue de la souveraineté de notre pays, il n’avait pas l’obligation de respecter les lois et conventions internationales. Aujourd’hui, a-t-il fait noter le président de la convergence pour la démocratie et la république Cdr/Fonk sa Kadu, nous en sommes arrivés à une situation où les divergences à l’intérieur du parti socialiste, au lieu d’être réglés sur le terrain politique par le parti socialiste, lui-même, a-t-il signalé, on permet à la justice de s’y immiscer et de devenir presque le bras armé des hommes politiques. C’est cela qui est condamnable, a-t-il maintenu. L’attitude du gouvernement face à l’opposition, a-t-il déclaré, c’est la logique qui a été déjà annoncée à savoir réduire l’opposition à sa plus simple expression. C’est la volonté manifesté, a-t-il poursuivi.  C’est ce qui fait que, aujourd’hui, dit-il, on a une justice sélective, une reddition des comptes ciblée et une volonté manifeste de créer les conditions de rendre inéligibles des adversaires qui sont susceptibles de créer une autre alternance au Sénégal, a-t-il mentionné. «C’est la raison pour laquelle nous ne pouvons que condamner cela parce que nous avons besoin d’institutions fortes et pour des institutions fortes, il nous faut un Etat de droit où il y’a une véritable séparation des pouvoirs, où la justice est libre et indépendante, où le parlement est libre et autonome ». Mais, chacun sait que aujourd’hui, a-t-il  fait remarquer, le seul détenteur de véritable pourvoir au Sénégal, c’est le président de la république. «C’est le président de la république qui a actionné le procureur de la république pour que Khalifat Sall ou pour que Bamba Fall soient dans les situations où ils se trouvent aujourd’hui ». C’est le même président de la république qui a reçu les rapports, a-t-il indiqué, qui ont révélé des scandales inimaginables tant que pour la poste ou pour d’autres institutions mais pourtant, constate-t-il, ces rapports là de l’Ige (Inspection générale d’Etat)ne sont pas remis au procureur de la république ,regrette-t-il, parce que ceux qui sont incriminés, est-il persuadé, sont proches du pouvoir. «Et c’est cela qui n’est pas bon pour une démocratie, c’est cela qui donne une face hideuse à notre démocratie et c’est cela qui montre que la rupture qui avait été annoncée est loin de prendre forme au Sénégal».

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